Les premières bombes atomiques ont explosé en 1945. Le plan Baruch de 1946 a servi de première proposition pour contrôler la propagation et l’utilisation de ce nouveau pouvoir impressionnant. L’annonce initiale du président Harry Truman au sujet de la bombe comprenait une promesse qu’elle ne serait pas utilisée uniquement à des fins destructrices. Selon les mots du plan Baruch, « La science, qui nous a donné ce pouvoir d’effroi, montre qu’elle peut être une aide géante pour l’humanité, mais la science ne nous montre pas comment empêcher son utilisation malveillante. Nous avons donc été désignés pour éviter ce péril en trouvant une réunion des esprits et des cœurs de nos peuples. Ce n’est que dans la volonté de l’humanité que réside la réponse  » (Plan Baruch, présenté à la Commission de l’Énergie atomique des Nations Unies le 14 juin 1946).

Contexte

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, les Nations Unies ont adopté une résolution visant à créer une commission chargée d’examiner l’utilisation de l’énergie nucléaire et de déterminer les cadres institutionnels nécessaires pour orienter la technologie vers des utilisations pacifiques. La création de la Commission de l’Énergie atomique des Nations Unies (CEEA) en janvier 1946 a incité le secrétaire d’État américain de l’époque, James F. Byrnes, à convoquer un comité qui dirigerait la politique américaine sur cette question. Le comité était dirigé par le sous-secrétaire d’État Dean Acheson, qui, de concert avec un conseil de consultants comprenant des dirigeants du monde des affaires et de la science ainsi que des membres du Projet Manhattan, publia le Rapport sur le Contrôle international de l’Énergie atomique (plus communément appelé Rapport Acheson-Lilienthal) le 16 mars 1946.

Le rapport Acheson-Lilienthal proposait une politique américaine visant à créer des cadres internationaux pour gérer l’utilisation et la diffusion de l’énergie et de la technologie nucléaires. La prémisse principale du rapport était la création d’une Autorité internationale pour le développement atomique qui contrôlerait et surveillerait l’utilisation de l’énergie atomique et de ses éléments dangereux. Le rapport Acheson-Lilienthal ne proposait pas d’interdire les armes nucléaires, mais plutôt de mondialiser la coopération entre les États pour encourager l’utilisation de la technologie à des fins productives et pacifiques. Cet organisme international encouragerait la recherche et le développement de l’innovation dans le domaine de l’énergie atomique et serait le seul propriétaire de cette technologie. Le Plan Baruch, première proposition des États-Unis à l’UNAEC, a été largement tiré du texte de ce rapport.

Le Plan

Bernard M. Baruch, représentant des États-Unis auprès de l’UNAEC, a remis le rapport à la commission le 14 juin 1946. Le Plan Baruch, tout comme le rapport Acheson-Lilienthal, proposait la création d’une Autorité de développement de l’énergie atomique qui contrôlerait le développement et l’utilisation de l’énergie atomique, à partir du stade de l’exploitation minière et y compris le développement et la mise en œuvre de l’énergie atomique et de ses utilisations. Le plan exigeait également la fin de la mise au point de la bombe atomique en vue de son utilisation comme arme et mandatait une équipe d’inspection pour enquêter sur les violations de ce cadre. Les États-Unis, à cette époque, étaient les seuls possesseurs d’armes nucléaires, bien que l’Union soviétique soit loin dans le processus de développement. Le plan Baruch prévoyait la cessation immédiate des programmes de développement d’armes de tous les pays et la surveillance étroite des programmes nucléaires pacifiques en échange de la remise par les États-Unis de leurs dispositifs nucléaires à l’AEDA. Le but du plan Baruch n’était pas d’éradiquer l’utilisation de l’énergie nucléaire du monde mais de gérer, de surveiller et d’internationaliser ses avantages pacifiques.

Immédiatement après que les États-Unis ont soumis leur proposition à l’UNAEC, les États-Unis et l’Union soviétique ont entamé des délibérations sur les moyens de mettre en œuvre le plan. L’Union soviétique a proposé une contre-proposition qui différait de la version américaine sur plusieurs points clés. Les États-Unis ont insisté pour conserver le contrôle de leurs armes nucléaires pendant que toutes les matières fissiles étaient placées sous contrôle international, tandis que l’Union soviétique exigeait que les États-Unis cèdent leurs armes à un contrôle international avant que d’autres pays n’abandonnent leurs matières fissiles. En outre, non seulement la proposition soviétique prescrivait la cessation du développement, du stockage et du déploiement de bombes atomiques, mais elle ordonnait également que tous les armements préexistants soient détruits dans les six mois suivant l’entrée dans la convention.

L’Union soviétique s’est opposée à plusieurs autres points du plan Baruch. Une autre différence critique était le désaccord soviétique avec la proposition qui prévoyait des sanctions automatiques en cas de non-respect du règlement proposé. Les discussions entre les deux pays ont duré plusieurs années, mais il est apparu très tôt qu’en raison de divergences irréconciliables, le plan Baruch ne serait jamais mis en œuvre.

Héritages

Bien qu’il y ait encore un débat sur la question de savoir si les États-Unis s’attendaient sérieusement ou non à ce que le plan Baruch passe, il a laissé aux États-Unis une meilleure compréhension de sa propre responsabilité morale dans la course aux armements de la guerre froide. À partir de 1946, les Américains croyaient avoir prouvé au monde entier leur volonté et leur désir d’éliminer complètement les armes nucléaires, et reprochaient à l’Union soviétique de faire obstacle à cet objectif. Tant qu’il y avait une menace soviétique, les États-Unis pouvaient sentir qu’ils assumaient à contrecœur mais avec obligation le rôle de protecteur du monde.

Échec et réussite

Bien que le Plan Baruch n’ait jamais été codifié formellement en droit international, il a mis en place les principes de base du régime moderne de non-prolifération. Le rapport Acheson-Lilienthal, qui a constitué la base contextuelle du plan Baruch, n’a jamais proposé une approche interdisant la bombe, mais visait plutôt à créer une organisation internationale qui contrôlerait toutes les étapes du développement de l’énergie nucléaire. Parce que l’agence internationale serait l’autorité régnante et aurait l’autorité de répartir les sites de traitement de l’énergie nucléaire dans le monde, elle créerait un équilibre stratégique mondial. De nombreux pays pourraient tirer profit des avantages pacifiques de l’énergie nucléaire. Cependant, si un pays essayait d’utiliser ses matériaux à des fins malveillantes, d’autres pays seraient également équipés pour se défendre. Ces idées ont conduit à de nombreux programmes et traités de désarmement de la guerre froide tels que des Atomes pour la paix, l’AIEA et, finalement, le traité de non-prolifération.

MARGARET COSENTINO
JESSICA COX

VOIR AUSSI Bombe Atomique; Relations Internationales; Éthique Militaire; Éthique Nucléaire; Traité d’Interdiction limitée des Essais Nucléaires; Traité de Non-Prolifération nucléaire; Armes de Destruction massive.

BIBLIOGRAPHIE

Bailey, Emily; Richard Guthrie; Daryl Howlett; et John Simpson. (2000). Programme for Promoting Nuclear Non-Proliferation Briefing Book. Volume I : L’évolution du Régime de non-prolifération nucléaire, 6e éd. Southampton, Royaume-Uni: Mountbatten Centre for International Studies.

Sokolski, Henry. (2001). Meilleures intentions: La campagne américaine contre la prolifération des armes. Westport, CT : Praeger.

RESSOURCES INTERNET

« Le rapport Acheson-Lilienthal. »Disponible à partir de http://www.atomicmuseum.com/tour/acheson.cfm.

« Early U.S.Arms Control and Disarmament Initiatives. » Disponible à partir de http://usinfo.state.gov/products/pubs/armsctrl/pt3.htm

 » Glossaire des Termes de Non-prolifération. »Disponible à partir de http://www.cnsdl.miis.edu/npt/gloss/glossary.htm.

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